L’Expression – Clôture de la célébration de yennayer à Oran : Ihrane recouvre son amazighité

El-Bahia à l’instar des autres villes du pays a célébré Yennayer.

Durant les quatre journées de la célébration, les présents ont eu droit à des projections de films, conférences-débats, pièces de théâtre, soirées artistiques et poétiques, etc. L’association Numidia a réussi le pari en célébrant dignement et à la hauteur de l’événement la 17e édition du festival de Yennnayer 2967. Celle-ci a été clôturée en beauté. Cerise sur le gâteau, le paysage littéraire d’Oran vient d’être doté d’une bibliothèque de l’association Numidia. Celle-ci comprend plus de 1000 manuels et autres livres devant servir de jalons dans le cadre de l’enseignement de tamazight et autres disciplines instructives. Ladite bibliothèque a été inaugurée conjointement par le wali d’Oran, Abdelghani Zaâlane, et le secrétaire général du Haut Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad. La mise en place d’un tel espace a, depuis plusieurs années, constitué l’un des premiers casse-têtes chinois de cadres et responsables de l’association Numidia. Aussi, elle vient à point nommé étant donné que cette ancienne association est désormais propriétaire à part entière de son local, après que la wilaya d’Oran a jugé utile de régler administrativement la situation d’une telle enceinte en le cédant définitivement à l’association. L’homogénéité et la persévérance des membres de cette association ne sont pas donc pas restées vaines après près de 30 années d’activisme dans un cadre affable, loin de tout brouhaha et de dissensions. D’aucuns des Oranais ne diront le contraire, pas même l’administration qui, à chacune des opérations d’assainissement du mouvement associatif, dissout systématiquement plusieurs associations ne se conformant pas aux règles régissant le mouvement associatif. Numidia s’en sort toujours vainqueur, vu qu’aucun grief ne lui a été reproché. Les activités de l’association sont purement culturelles. Elles reposent essentiellement sur des célébrations de repères lambda. Numidia est aussi une école de formation aussi bien dans le domaine du chant que dans le théâtre. Celia Ould Mohand, qui a révolutionné le chant dans tous ses styles, est un exemple concret d’une réussite incontournable. En plus de sa famille l’ayant motivée à aller de l’avant, Celia a commencé à faire ses premiers pas dans le monde de l’art à partir des locaux de l’association.

Tamazight et la formation

Dans cette édition de Yennayer 2967, plusieurs dizaines d’Oranaises et d’Oranais, se sont joints aux 80 exposants venus de plusieurs wilayas du pays dont Oran, Ouargla, Chlef, Mascara, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Béjaïa. Ceux-là ont proposé, outre les produits du terroir, les rites et la richesse patrimoniale de chacune des régions célébrant le premier jour du Nouvel An amazigh. Un seul motif les a tous rassemblés: se réconcilier avec l’histoire à la fois lointaine et ancestrale de la Numidie, tout en célébrant le premier jour de l’An amazigh, et ce dans toutes ses dimensions identitaires et culturelles. Durant les quatre journées qui ont marqué la célébration, les présents et les venants, se regroupant dans la salle de cinéma El Feth et le centre culturel Ben Mahrez, ont eu droit à des projections de films, pièces de théâtre, soirées artistiques et poétiques, ainsi qu’à des conférences axées essentiellement sur plusieurs thèmes liés à la linguistique, le théâtre et le cinéma amazigh etc. Le président de l’association culturelle Numidia, Saïd Zamouche n’est pas allé par quatre chemins pour insister «sur la «consécration de l’esprit de solidarité et de l’humanitaire du peuple algérien». En ce sens, il a indiqué que «Yennayer est cette fête ancestrale qui réconcilie les Algériens avec leur histoire». Sur sa lancée, il a ajouté que «ce rendez-vous annuel a pu résister aux vicissitudes du temps et aux aléas de l’histoire». «Cet événement est célébré en Algérie et dans toute la Numidie», a-t-il souligné, mettant en exergue le charme et la symbolique de la célébration de cette vieille coutume dans la ville d’Oran. «Cette fête populaire est une porte qui s’ouvre sur le Nouvel An et aussi un symbole des grandes retrouvailles», a-t-il explicité. Aussi, cet événement est dédié cette année en hommage à Rabah Metref, un centenaire (1917-2016), membre actif de l’association Numidia, décédé en 2016. Selon le président de l’association Numidia, cette édition milite pour institutionnaliser Yennayer en tant que fête nationale chômée et payée. La totale a été signée par Nna Makioussa qui, comme chaque année, ne tergiverse pas en se mettant à la besogne en préparant de ses propres mains son succulent couscous au poulet, spécial Yennnayer, dont raffolent goulûment, sous les airs de Iḍebbalen, plusieurs centaines de personnes dans les couloirs et la terrasse de la salle de cinéma El Feth, ex-Pigalle.

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La touche du HCA

Tamazight sera développé davantage. C’est le défi engage cette année par le Haut Commissariat à l’amazighité. C’est ce qu’a indiqué le secrétaire général du Haut Commissariat de l’amazighité, Si El Hachemi Assad en inaugurant la bibliothèque de l’Association Numidia. Dans le tas, il a insisté sur le vibrant hommage à rendre à l’un des pionniers spécialisés dans la recherche dans la langue amazighe. Il s’agit en l’occurrence du défunt Mouloud Mammeri. «Nous allons célébrer, durant cinq mois consécutifs, le centenaire de Mouloud Mammeri», a souligné Si El Hachemi Assad. Pour le secrétaire général du HCA, le temps urge pour le développement davantage de la langue amazighe et son uniformisation selon des standards à mettre en place par une commission composée de spécialistes. «Nous allons nous lancer dans le développement de tamazight dans les universités, les télécommunications, l’éducation et plusieurs autres secteurs», dira Si El Hachemi Assad expliquant que «la wilaya de Béjaïa domiciliera l’Institut national de la langue amazighe». Ledit institut sera officiellement ouvert le 6 février de l’année en cours. Si Hachemi Assad a fait état de la mise en place d’une commission pour mission principale du confortement de tamazight dans les écoles, en particulier dans le cycle primaire. La finalité recherchée est, selon le premier responsable du HCA, de passer à la généralisation de l’enseignement de la langue qui est enseignée actuellement dans 32 wilayas, ayant à son actif 750 postes budgétaires. En attendant, le ton est à la mise en place de la loi organique régissant tamazight. Fini les problèmes d’exigüité de locaux. L’association Numidia vient d’être dotée d’un nouveau siège. L’annonce a été faite par le wali d’Oran en donnant officiellement le coup d’envoi à la bibliothèque de l’association. Le wali d’Oran n’a pas été en reste en manifestant sa satisfaction. Dans son allocution, il a indiqué que «l’officialisation de tamazight nous réconforte».

Wahib Aït Ouakli

L’Expression du dimanche 15 janvier 2017

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