Liberté : Le HCA fête Yennayer dans l’antique Théveste

Tout en exigeant, une fois de plus, qu’il soit consacré officiellement comme fête nationale…

Depuis hier soir et durant ces trois jours de fête, la ville de Tébessa vit au rythme de Yennayer avec l’ouverture d’un mini-salon du livre et du multimédia amazighs, rehaussé par la présence de plusieurs maisons d’édition connues à l’échelle nationale ainsi qu’un autre mini-salon de l’artisanat qui regroupe depuis jeudi passé de nombreux artisans venus de plusieurs wilayas et des localités de Tébessa.

Décidément, le Haut Commissariat à l’amazighité (HCA) semble déterminé à redonner à la fête de Yennayer, le nouvel an berbère, toute sa splendeur, sa symbolique et surtout son authenticité. C’est dans cette noble perspective qu’il a planté un décor féerique depuis hier à Tébessa, pour redonner à Yennayer tout son faste et sa dimension nationale. Après Oran, Tipasa, Ghardaïa et puis Timimoun l’année dernière, le HCA a choisi, cette année, l’antique Théveste pour festoyer dans l’allégresse populaire et jeter les tentacules d’un événement bien de chez nous qui, il faut bien l’admettre, prend de l’ampleur et de la notoriété d’année en année, et ce, aux quatre coins de l’Algérie profonde.

Depuis hier soir et durant ces trois jours de fête, la ville de Tébessa vit au rythme de Yennayer, avec l’ouverture d’un mini-salon du livre et du multimédia amazighs, rehaussé par la présence de plusieurs maisons d’édition connues à l’échelle nationale ainsi qu’un autre mini-salon de l’artisanat qui regroupe depuis jeudi passé de nombreux artisans venus de Djanet, Khenchela, Ghardaïa, Adrar, Ouargla, Oran, Illizi, Sétif et de plusieurs localités de la wilaya de Tébessa. Et ce fut en présence d’une foule nombreuse que le wali de Tébessa, Mabrouk Beliouz, et le secrétaire général du HCA, Si El-Hachemi Assad, ont inauguré hier à la maison de la culture Mohamed-Chebouki de Tébessa les festivités officielles de Yennayer 2964 tout en insistant sur la portée historique et sociologique de cette fête ancestrale bien de chez nous. De leur côté, des invités de marque, à l’image de Rachid Boudjedra, Kamel Hamadi, Dr Mouloud Lounaouci, Mme Fatma-Zohra Bouhamed et le chanteur Hamidou, devaient marquer de leur empreinte cet heureux événement dédié cette année à la mémoire du regretté Mohamed Medjahed dit Momo, chroniqueur et spécialiste en art culinaire de la Radio nationale et du quotidien Liberté, qui nous a quittés cette année à la fleur de l’âge, mais aussi en l’honneur de Abdenacer Guedjiba, chercheur chaoui en linguistique amazighe ; Dida Badi, chercheur en anthropologie, spécialisé dans la culture targuie ; et Aïssa Brahimi, chanteur, compositeur et pionnier de la chanson moderne chaouie. Et si les organisateurs ont prévu tout un cycle de conférences-débats et de tables rondes sur “la signification de Yennayer” et sur “l’histoire et le patrimoine pour la réappropriation de la dimension amazighe de l’Algérie”, il n’en demeure pas moins que le clou de ces festivités aura lieu ce soir à la cité universitaire El-Wiam de Tébessa, où le rituel Imensi n’Yennayer (le traditionnel dîner de Yennayer), qui sera offert en la circonstance par le wali de Tébessa en l’honneur des participants aux festivités, mais aussi des pensionnaires du centre de l’enfance assistée et du centre de vieillesse de Tébessa, et qui sera agrémenté d’une superbe soirée artistique Spécial Yennayer retransmise en direct par Canal Algérie. Dans son programme d’activités Spécial Yennayer 2964, le HCA a tenu à rappeler que “ces dernières années, avec la prise de conscience identitaire et la réappropriation de l’histoire nationale, la reconnaissance de cette date dépasse la portée traditionnelle de l’événement pour se placer comme repère historique de tout un peuple”, tout en clamant haut et fort que “cette date de portée symbolique marque de son empreinte une période historique qui glorifie le peuple amazigh qui, de son côté, a le devoir de mémoire”. Et il faut rappeler que le 1er Yennayer qui correspond au 12 janvier marque en fait le début de l’année agraire que les Amazighs célèbrent dans la joie, la solidarité et la convivialité, tout en souhaitant de l’opulence, de la prospérité et de la fertilité pour la nouvelle année. Et c’est à juste titre que le HCA souligne que “Yennayer qui est connu et reconnu par les différentes régions d’Algérie mérite de faire partie de la nomenclature des fêtes nationales” et profite de cette heureuse circonstance pour exiger, une fois de plus, des hautes autorités du pays, pour que “le 1er Yennayer correspondant au 12 janvier de chaque année soit officiellement considéré comme une fête légale, une journée chômée et payée comme toutes les autres fêtes nationales en Algérie”.

Mohamed Houchine