L’Atlas Blidéen pour célébrer la journée internationale de la langue maternelle

Communiqué

A l’occasion de la journée mondiale de la langue maternelle coïncidant avec le 21 février de chaque année, le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA) effectuera une halte dans quelques localités de la wilaya de Blida les 23 et 24 du mois en cours en associant une équipe pluridisciplinaire dans le domaine des études linguistiques, littéraires et anthropologiques.

Cette sortie sur le terrain, désormais nouvelle approche adoptée par le HCA, en vaut la peine puisqu’une partie des habitants de cette région sont amazighophones et c’est l’opportunité rêvée pour aller vers une population en quête identitaire et avide de s’abreuver de culture du terroir.

S’il en est, l’aubaine est trop belle pour tâter le pouls d’une région qui ne bat que pour les langues maternelles usitées en Algérie.

D’ailleurs, l’Atlas Blidéen, de par sa position géographique, plaide en faveur du multilinguisme et de la diversité linguistique et culturelle qui sont d’une importance stratégique pour le renforcement de l’unité et de la cohésion sociale.

Dans ses différentes pérégrinations, le menant dans la plupart des wilayas du pays, le HCA était toujours mu par le saint objectif d’élargir l’enseignement de tamazight dans les antres non amazighophones, rejetant ainsi le fatalisme de la ghettoïsation imposée de facto à cette langue maternelle de millions d’algériens.

Il n’est pas impossible, en effet, de parler de son enseignement en dehors des wilayas concernées jusque là. Des exercices réussis sous forme de cours modèles ont été réalisés dans plusieurs régions : Tlemcen, El Bayadh, Ghardaïa, Tébessa, Naama, Laghouat, Ouargla…

En outre, le Haut Commissariat à l’Amazighité a fait sien le principe que tout algérien a le droit de s’exprimer dans sa langue maternelle en tous lieux et circonstances de la vie quotidienne. Mais et pour y arriver, il faut encore la préserver et la défendre afin de lui assurer une transmission intergénérationnelle, pour qu’elle survive, car les langues meurent aussi. Ainsi et si l’on se fie aux chiffres pas du tout rassurant de l’UNESCO inhérent aux langues en danger dans le monde : une langue disparait en moyenne toutes les deux semaines. En conséquence, la moitié des quelques 6000 langues que compte aujourd’hui l’humanité encourt le risque d’une disparition. En ce sens,  96% sont parlées seulement par 04% de la population mondiale et 80% des langues africaines ne sont pas écrites. Donc et partant d’un constat alarmant, certaines variantes de la langue amazighe ne sont pas à l’abri d’une extinction.

Mais au-delà du risque récurrent d’être amputés d’un pan de notre patrimoine linguistique, force est d’admettre que l’instruction de la langue maternelle représente le moyen idéal, sinon adéquat pour poser les jalons d’une lutte contre la discrimination et la haine envers autrui. Par ailleurs, des recherches scientifiques, notamment celles menées par l’UNICEF, indiquent que la scolarisation en langues maternelles, particulièrement durant les premières années de la scolarité, mérite d’être encouragée comme stratégie de la réussite des élèves.  Ces études révèlent que les élèves des pays où la langue maternelle est aussi la langue d’enseignement, surpassent les autres dans la plupart des secteurs.

A ce propos, la célébration de la journée internationale de la langue maternelle est à cet effet l’occasion idoine de lancer un appel pour établir, ensemble, des conventions de partenariat-cadre concernant toutes les questions liées à l’amazighité, notamment celles ayant trait à l’introduction de tamazight dans les systèmes d’enseignement et de communication.

Si El Hachemi ASSAD
Secrétaire Général du HCA