La Cité – Afflux et intérêt remarqués des étudiants au collque d’aboudaou

Dictionnaire amazigh. La rencontre scientifique qu’organise le Haut Commissariat à l’Amazighité a poursuivi hier, dimanche, ses travaux dans le campus d’Aboudaou de l’université de Bejaia.

Une rencontre qui draine de plus en plus d’étudiants qui font montre d’un intérêt remarqué à la question de la langue amazighe au vu des problèmes et questions posés aux experts. Des experts qui, en cette journée, d’hier, ont passé au peigne fin les productions réalisées depuis le premier ouvrage de Venture de Paradis paru 14 ans après la colonisation française soit en 1844. Différentes approches scientifiques se sont succédé hier. En analysant ces productions lexicographiques, ces chercheurs ont fait appel à plusieurs disciplines scientifiques. D’abord, c’est El Hossein Ferhad, Professeur habilité de l’enseignement supérieur de la Faculté pluridisciplinaire de Nador (Maroc), qui en analysant le lexique utilisé dans les manuels scolaires amazighs marocains, met le doigt sur les limites du cadre théorique de la didactique de l’amazighe en vigueur et propose  un nouveau cadre de cette didactique. « La didactique de l’amazighe se base fondamentalement sur le cadre théorique occidental, notamment français. Cela est à la fois un point positif du fait que cette didactique verse dans l’expérience et la science. Toutefois, l’amazighe, en tant que langue minorée a besoin d’un autre cadre ou encore d’un recadrage» dira le conférencier. Kahina Ould Fella-Zinet, enseignante à l’université de Tizi-Ouzou et chercheur dans les domaines de la sociolinguistique, l’analyse du discours, la lexicographie et la toponymie, prendra la parole et analysera d’un point de vue, cette fois-ci, sociolinguistique un dictionnaire. « Au carrefour de la lexicographie et de la sociolinguistique, vers une analyse critique  d’un outil de référence: le cas du dictionnaire  Issin: asegzawal n teqbaylit s teqbaylit” est l’intitulé de sa communication. Elle analyse le premier dictionnaire monolangue kabylokabyle produit par un groupe d’étudiants sous la direction du professeur Kamal Bouamara de l’université de Bejaia. L’oratrice exposera d’abord la chronologie et la situation de la production lexicographique amazighe et fera l’état des lieux de cette production dictionnairique  (dictionnaires encyclopédiques, dictionnaires de langues, lexiques de spécialités), avant de tenter d’expliquer à travers un traitement de l’emprunt, de la variation et de la néologie par cet écrit, un rapport à la norme de référence. C’est Malika Hocine, enseignante à l’université de Tizi-Ouzou qui prônera une étude métalexicologique d’un dictionnaire chaoui élaboré par Khadija Saad et édité chez Tira Editions. “La lexicographie comme terme peut définir soit la confection d’un dictionnaire, soit l’étude des dictionnaires. Elle est alors en même temps une pratique et une science» dira la communicante, avant d’ajouter que « pour éviter cette ambiguïté, on utilise parfois le terme de « méta-lexicographie » pour désigner l’étude des dictionnaires, car cette fonction dépasse la lexicographie comme pratique en prenant un point de vue plus abstrait et scientifique». Aussi intéressantes les unes que les autres, ces communications ont trouvé hier un autre public, des étudiants de différents département sont venus enrichir les débats et poser des questions très intéressantes. C’est ce que nous ont expliqués les conférenciers qui ont été ravi de la qualité des problèmes posés par ces apprenants.

Yacine Zidane