Journées d’étude : Le manuel scolaire de la langue amazighe : caractéristiques, objectifs et perspectives, Bouira, les 3 et 4 avril 2012

Tout programme de formation en langues ou autres matières se base sur la pertinence des contenus pédagogiques autant que par les approches méthodologiques choisies.
Le manuel scolaire est un outil de mise en œuvre des programmes d’enseignement. Parmi ces fonctions, on retient les aspects didactiques et pédagogiques, accompagnés des dimensions théoriques et pragmatiques dont l’objectif est le développement des connaissances linguistiques, culturelles, interculturelles, métacognitives ainsi que l’acquisition du savoir. On peut dire qu’il « organise » les apprentissages des apprenants tout en contribuant au perfectionnement pédagogique des enseignants.Depuis 1995/96, l’enseignement de tamazight est introduit à titre facultatif et expérimental dans le système éducatif algérien. Vu le caractère inédit de l’expérience, les enseignants de tamazight n’avaient comme support pédagogique que  les ouvrages de Mouloud Mammeri « tajerrumt n tmazight » et l’ « Amawal », ainsi que le roman de A. Mezdad « Id d wass ». Plusieurs autres supports ont vu le jour, jusqu’à la confection du premier manuel scolaire de tamazight par le Ministère de l’Education Nationale en 2003 après la constitution d’un Groupe Spécialisé de Discipline(GSD) comme pour toute les autres matières.L’enseignement de tamazight, langue maternelle, est  une expérience nouvelle dans le système éducatif algérien. Après  16 ans d’expérimentation, le Haut Commissariat à l’Amazighité se propose de faire une halte afin de réfléchir sur un des outils didactiques de cet enseignement, en l’occurrence,  le manuel scolaire de Tamazight ; sa genèse,  son évolution, ses caractéristiques, ses forces et ses faiblesses en termes de pédagogie et de méthode d’enseignement, ses objectifs, mais aussi ses perspectives.Cette rencontre vise à rassembler les chercheurs et praticiens qui travaillent  autour de la question du manuel scolaire de Tamazight,  outil pédagogique à triple vocation scientifique, éducative et culturelle.
Plusieurs interrogations d’ordre général peuvent être posées, notamment en ce qui a trait à l’aspect technique du manuel, aux contenus pédagogiques et méthodes d’enseignement mais aussi spécifiques au cas de l’enseignement de Tamazight.

Qu’elle est la genèse du manuel de tamazight, conception-élaboration, évaluation, objectifs, lisibilité du manuel ?

Y a t-il prise en compte des données de la didactique des langues qui postulent deux méthodologies spécifiques selon qu’il s’agit de l’apprentissage d’une langue maternelle ou seconde ou d’une langue étrangère?

Partant des données de terrain, s’agit-il d’un perfectionnement-modernisation de la langue maternelle ou de « l’apprentissage,  réapprentissage » de celle ci, selon qu’on s’inscrive dans les variantes amazighes (Chaouia, Kabyle, Mozabite, Touareg …) ou dans une langue amazighe standard qui tend vers la convergence notamment par le vocabulaire commun ainsi que par les néologismes. Cela pour les natifs, et quelle méthodologie pour les classes hétérogènes ?

Pour reformuler autrement, quelle est la stratégie arrêtée par les concepteurs des manuels dans cet apprentissage à l’enseignement du lexique ?

S’agit-il  seulement d’une réappropriation, ou va-t-on plus loin, où le savoir acquis doit servir à l’apprenant non seulement à l’école mais aussi en dehors de celle-ci. D’aucuns, en effet, s’accordent sur l’utilité sociale des savoirs qui permettent de s’ouvrir, d’installer un savoir faire, et un savoir être, ce qui implique un impact  palpable dans l’environnement de l’apprenant. Le contenu de ces manuels permet-il à tamazight d’investir plusieurs champs de la vie sociale, politique, économique, culturel qui lui ont toujours été déniés ?

Les enseignants de tamazight rencontrent-ils des difficultés d’ordre méthodologiques dans l’enseignement, notamment en langage (difficultés de trouver des supports de motivation) et en lecture (difficultés pour l’initiation et l’entrainement de la lecture)
Que font-ils pour parer à ces difficultés ? Recourent-ils au milieu naturel de l’enfant, plus riche, plus  vivant, plus motivant ?

Quels sont les critères arrêtés par les concepteurs de manuels pour le choix des textes proposés ?

Quelle place pour le conte, ce matériau psychopédagogique, qui propose des perspectives plurielles d’ordre grammatical, textuel, civilisationnel et également psychologique et affectif ?

Sachant que  la langue tamazight ne possède pas de dictionnaire « junior » qui  propose des listes de mots qui correspondent aux connaissances actives de ses  apprenants, l’existence d’un vocabulaire fondamental qui définit le lexique maitrisé en compréhension et en expression par les élèves de chaque palier scolaire est très important. Qu’en est-il dans le manuel de tamazight ?

Dans l’axe de la présentation-représentation de l’unité et de la diversité des rapports sociaux, comment présente-t-on la dimension amazighe ? Quel contenu culturel, que véhicule t’il ? Qu’elles sont les représentations culturelles ?

Quelles sont les limites du manuel de tamazight ? Quelle(s) remédiation(s) ?

Date limite pour l’envoi des résumés : le 25 février 2012

Envoi des propositions aux coordonnées suivantes :
cherifabilek@yahoo.fr
Tél. : 021-63-59-05
Fax : 021-63-59-06