El Moudjahid – Colloque à Jijel : La toponymie, marque indélébile de l’histoire d’une nation

La toponymie algérienne revêt beaucoup d’importance dans la mesure où elle constitue une marque indélébile de l’histoire d’une nation dont elle est représentative du patrimoine immatériel et de la souveraineté, a souligné, hier à Jijel, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El-Hachemi Assad. Intervenant à l’ouverture d’un colloque organisé sous le thème générique de «La toponymie algérienne : du local au national», M. Assad a souligné que l’arrivée de nouvelles langues, imposées par les puissances colonisatrices, l’alternance des régimes politiques et les mouvements de protection des langues minoritaires, étaient «à l’origine de refondations ou de remaniements toponymiques et sont pourvoyeurs de toponymes nouveaux». La volonté politique et l’intérêt du gouvernement pour la promotion de la langue amazighe ont également été mis en avant par le secrétaire général du HCA, qui a fait part, dans ce contexte, d’une «évolution positive» du dossier de l’amazigh qui jouit désormais d’une attention particulière à l’école, à l’université et dans les médias. Ce colloque de trois jours, mis sur pied par le HCA, avec le concours du ministère de la Culture et de la wilaya de Jijel, inscrit dans le cadre du programme général d’action du Haut-Commissariat à l’amazighité, se propose de lever le voile sur la toponymie algérienne avec la participation d’une trentaine de chercheurs, de linguistes, d’universitaires et de spécialistes de la question, a-t-il précisé. Un représentant du Premier ministre, Mohamed Ghoul, avait auparavant souligné que ce thème est «lié à notre culture et à notre identité de par sa relation avec l’espace dans lequel nous vivons». Le Premier ministre «salue cette initiative et celles et ceux qui apportent leur contribution à travers leurs recherches dans ce domaine», a souligné le représentant de M. Abdelmalek Sellal, en présence des autorités locales, d’un représentant du ministre de la Culture et d’un responsable de l’Institut géographique national (INC). La séance de la matinée d’hier a été marquée par quatre communications, animées par des universitaires versés dans les questions de toponymie, dont celle de Fodil Cheriguen, professeur à l’université Paris-Nord (France). Cet universitaire a indiqué que parmi toutes les langues qui ont jalonné l’histoire de l’Afrique du Nord, seules trois ont particulièrement fait souche et marqué profondément la toponymie algérienne : le français, le berbère et l’arabe dialectal sous leurs aspects plus ou moins différenciés (kabyle, chaoui, chenoui, targui, mozabite… ). Dans un point de presse tenu en marge des travaux de ce colloque, Si El-Hachemi Assad a évoqué la stratégie de cette institution nationale consistant à «traduire la dimension nationale de l’amazigh dans le but d’instaurer un principe cardinal, celui de l’amazighité de tous les Algériens sans exclusion». La langue amazighe dans les écoles, les universités et les médias a été également largement évoquée par ce responsable qui s’est félicité de la «bonne coordination» et de la «disponibilité» des partenaires qui ont permis de franchir les écueils rencontrés dans la promotion de ce patrimoine national. Les recommandations qui ponctueront le colloque de Jijel, articulé autour de 7 axes, parmi lesquels «Situation toponymique en Algérie d’hier à aujourd’hui», «Implications de la politique toponymique face à la revendication identitaire amazighe» et «Transcription des toponymes algériens», devraient «aider à une avancée et une meilleure prise en charge du riche patrimoine toponymique national», a conclu M. Assad.