APS – Publication des actes du colloque international « Jugurtha affronte Rome »

ALGER – Les actes du colloque international « Jugurtha affronte Rome », organisé du 20 au 22 août 2016  à Annaba, par le Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA) viennent de paraitre aux éditions de l’Entreprise nationale des Arts graphiques (ENAG).

Consacrer un colloque international à l’Agellid Jugurtha, une des figures illustres de notre histoire antique, atteste de l’engagement pris par le HCA à l’égard de la connaissance de l’histoire et de sa réappropriation par les générations montantes, a souligné le Secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad.

Dans la problématique du colloque, il a été rappelé que le livre intitulé la guerre de Jugurtha de l’historien romain est considéré comme la principale source historique de cette guerre qu’avait mené le roi numide entre 111 et 105 AV J.-C.

Or, lit-on dans le même texte, on considère aussi que la plupart des informations contenues dans ce livre sont, d’une part, des tentatives dirigées contre des personnalités qui ont entravé les ambitions politiques de Salluste, et, d’autre part, visent à valoriser et à ancrer les orientations politiques de l’auteur.

Les travaux de ce colloque, dont la coordination scientifique a été confiée à Mohamed El Hadi Harèche, professeur d’histoire et des civilisations antiques à l’université Alger 1, ont été répartis en 6 axes.

Le premier axe, dédié à la lecture de l’ouvrage la guerre de Jugurtha, a été animé par une pléiade d’universitaires dont Virgilio Enamorado Martinez de l’université de

Malaga (Espagne) qui a abordé la question de l’historiographie des Berbères dans le contexte de Jugurtha.

Dans une communication intitulé un succinct commentaire du livre de Salluste la guerre de Jugurtha, Saïd Dahmani, docteur en histoire médiévale du Maghreb a présenté une analyse des développements présentés par l’historien romain sur les conditions de l’affrontement, sur les protagonistes en montant combien son témoignage a occulté la partie numide.

Les universitaires algériens, Azeddine Medjani, Salima Boudekhana et Ahmed Habbes ont abordé, quant à eux, divers aspects en lien avec le contenu du livre la guerre de Jugurtha.

Dans le deuxième axe, intitulé Jugurtha: un repère dans la résistance et la quête identitaire, l’universitaire Nabil Boudraa est intervenu sur la représentation de Jugurtha dans l’imaginaire mondial, suivi, dans le même sillage, par Ali Guerbabi, universitaire et auteur, qui a exposé les représentations de Jugurtha.

Le même atelier a été enrichi par deux autres communications, l’une présentée par Mouloud Makhlouf, enseignant à l’université de Constantine, sous le titre la grandeur de Jugurtha, et l’autre donnée par Abderahmane Khelifa, docteur des universités et ancien cadre au ministère de la Culture, intitulée Mohamed Cherfi Sahli, précurseur de l’histoire algérienne : le message de Jugurtha.

Consacré à l’image de Jugurtha dans la littérature universelle, le troisième axe du colloque a été animé par Nabile Fares, Arezki Metref, Malha Benbrahim-Benhamadouche, Aomer Oulamara ( texte écrit et présenté en tamazight), Djilali Sari et Baya Maouche.

Les cités numides et la guerre, thème du quatrième axe du colloque, a été décortiqué par Mohamed Hassine Fantar, Mustapha Khanoussi et Mohammed Tlili de l’université de Tunis, Ramondo Zucca et Attilio Mastino de l’université Sassari (Italie), Mohand Akli Ikherbane de l’université de Guelma et Jean Pierre Laporte, chercheur associé au CNRS (Paris).

La 5ème séance, intitulée les guerres de Jugurtha  a été organisée sous forme d’une table ronde animée par des universitaires algériens alors que la 6ème séance a traité de   la guerre et l’économie.

Les actes du colloque, qui reprend toutes les communications présentées (en Français, en Arabe et en Tamazight)  par les universitaires et chercheurs aussi bien algériens que ceux venus d’autres pays, fait état des recommandations formulées à l’issue de cette rencontre dont certaines sont déjà inscrites dans les projections du HCA.

L’ouvrage est dédié à la mémoire de Nabile Fares, professeur de littérature comparée, décédé le 30 aout 2016 à Paris, une semaine après avoir pris part aux travaux de ce colloque au cours duquel il a présenté une communication titrée pour une lecture de l’éternel Jugurtha de Jean Mouhoub Amrouche.