APS – Appel à préserver l’Amazighité « des surenchères stériles et de toute instrumentalisation politicienne »

ALGER – Les participants à une conférence sur « La réalité de l’Amazighité en Algérie » ont appelé, mercredi à Alger, à « préserver l’Amazighité des surenchères stériles, des débats vaseux et de toute instrumentalisation politicienne ».

Lors d’une conférence organisée par le Conseil de la nation en collaboration avec le Haut commissariat à l’Amazighité (HCA) et présidée par la vice présidente du Conseil, Nouara Saadia Djaafar, les conférenciers et intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de replacer le débat sur l’Amazighité dans « son espace naturel », à savoir les établissements scientifiques et académiques afin de barrer la route aux « surenchères et instrumentalisations » qui ne servent nullement les intérêts suprêmes du pays.

S’exprimant à cette occasion, le Secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad a affirmé que son institution œuvrait à « apporter la valeur ajoutée qui met à l’abri l’Amazighité des débats vaseux, des surenchères stériles et de toute instrumentalisation politicienne », tout en veillant à « replacer le débat autour de l’Amazighité dans son espace naturel ».

Après avoir rappelé les étapes historiques du processus de promotion de l’Amazighité, le SG du HCA a tenu à exprimer sa « considération au président de la République qui a mis en œuvre un plan de restauration de l’identité nationale face aux tergiversations et surenchères et a su comment réaliser le consensus politique autour de l’Amazighité ».

Affirmant que la promotion de l’Amazighité « nécessite la mobilisation de l’ensemble des institutions nationales et partis politiques » et exige « une coordination multisectorielle », M. Si El Hachemi a rappelé que les conventions de partenariat signées par le HCA avec le ministère de l’Education nationale en février 2015, puis avec le ministère de la Culture en janvier 2016 et avec le ministère de la Communication en février 2016.

Il s’est félicité, dans ce sens, du « partenariat existant entre le HCA et l’agence Algérie Presse Service (APS) qui a lancé en mai 2015 le premier site officiel en Tamazight à l’occasion de la Journée internationale de la liberté d’expression », affirmant, à ce propos, que ce partenariat est un « modèle de service des intérêts suprêmes du pays ».

Pour sa part, l’enseignant universitaire Mohamed Djellaoui a affirmé que la question de l’alphabet utilisé dans l’écriture de la langue amazighe « doit être étudiée et débattue au sein des institutions académiques et scientifiques habilitées loin des états d’humeur et des fatwa de rues ».

Les expériences mondiales proposent une solution dans ce sens à savoir parvenir à une langue commune entre tous les dialectes appartenant au même registre linguistique, a-t-il précisé.

De son côté, l’enseignant d’histoire et des civilisations anciennes à l’université Alger 2, Mohamed  El Hadi Harech a estimé que la situation actuelle et les mécanismes existant ne permettent pas de trancher la question de l’alphabet à utiliser dans l’écriture de la langue amazighe », affirmant que « la force de la langue ne réside pas dans la lettre de son écriture mais dans l’illustration de la force de ces utilisateurs ».

Il a appelé dans ce sens « à revenir à la langue maternelle à travers le patrimoine linguistique dont recèlent plusieurs régions algériennes et nord-africaines, en écartant les termes intrus ».

« C’est la langue amazighe maternelle qui doit être enseignée dans les établissements éducatifs algériens en utilisant l’alphabet Tifinagh, le plus approprié en tant que symbole de cette langue », a-t-il estimé.

Intervenant à l’ouverture de cette conférence, Mme. Nouara Djaafar a indiqué que « l’Amazighité est un élément indissociable de l’identité nationale », affirmant que les décisions du président de la République pour sa promotion sont « historiques et  consolident la cohésion nationale ».

Les questions techniques relatives à la langue amazighe « auront des réponses scientifiques dans le cadre des institutions académiques en leur donnant le temps nécessaire ».

Une minute de silence a été observée, lors de cette rencontre, qui a connu la présence du président de du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, à la mémoire des victimes du crash de l’avion militaire survenu ce matin à Boufarik (Blida), faisant 257 morts dont 10 membres d’équipage.